PRP et maladie de Lapeyronie
Introduction
Le PRP (Plasma Riche en Plaquettes) est un traitement autologue de plus en plus utilisé dans différentes disciplines médicales.
Dans la maladie de Lapeyronie, son utilisation repose sur un rationnel biologique, mais ne fait pas partie des traitements de référence recommandés par les sociétés savantes.
Cette page a pour objectif de présenter de manière claire, factuelle et documentée :
– ce qu’est le PRP,
– ce que disent les études disponibles,
– la position des recommandations,
– et dans quels cas il peut éventuellement être proposé.
Qu’est-ce que le PRP ?
Le PRP est obtenu à partir du sang du patient, après centrifugation, permettant de concentrer les plaquettes et leurs facteurs de croissance.
Il contient notamment :
– PDGF
– TGF-β
– VEGF
– IGF
Ces facteurs interviennent dans :
– la modulation de l’inflammation,
– la cicatrisation tissulaire,
– l’angiogenèse.
Le PRP est autologue (extrait du sang du patient, sans produit étranger)
Pourquoi l’utiliser dans la maladie de Lapeyronie
La maladie de Lapeyronie est caractérisée par un processus fibro-inflammatoire de l’albuginée.
Le rationnel théorique du PRP repose sur :
– une possible modulation de l’inflammation,
– une influence sur le remodelage tissulaire,
– une amélioration de l’environnement biologique local.
Que montrent les études cliniques ?
À ce jour, les données cliniques concernant le PRP dans la maladie de Lapeyronie reposent sur :
– un nombre limité d’études,
– des effectifs restreints,
– des protocoles hétérogènes,
– des critères d’évaluation variables.
Plusieurs essais cliniques et séries prospectives ont toutefois rapporté :
– une diminution moyenne de l’angle de courbure pouvant atteindre environ 30% chez certains patients,
– une amélioration de certains scores fonctionnels.
Ces résultats restent variables et insuffisants pour établir une recommandation formelle.
Il n’existe actuellement aucune preuve robuste de haut niveau démontrant :
– une disparition complète de la plaque fibreuse,
– une correction complète et durable de la déformation.
Rationnel théorique dans la maladie de Lapeyronie
Dans ce contexte, certaines équipes proposent le PRP avec un objectif de réduction partielle de l’angle de courbure, pouvant :
– diminuer le retentissement fonctionnel,
– faciliter une prise en charge chirurgicale ultérieure.
Une réduction même partielle de la courbure peut, dans certains cas, permettre :
– une chirurgie plus simple,
– le recours à une plicature plutôt qu’à une incision/excision de plaque avec greffe,
– et ainsi réduire la morbidité chirurgicale.
Cette stratégie reste complémentaire, non standardisée, et doit être discutée au cas par cas.
Déroulement pratique des injections de PRP
Lorsqu’un traitement par PRP est proposé, il se déroule généralement selon le schéma suivant :
– 4 à 6 séances d’injections,
– espacées d’environ 2 semaines,
– réalisées sous anesthésie locale,
– en ambulatoire.
Les injections sont effectuées au niveau pénien, selon un protocole adapté à chaque situation clinique.
Le protocole exact peut varier selon les équipes et les indications retenues.
Prise en charge financière
Le traitement par PRP dans la maladie de Lapeyronie :
– n’est pas pris en charge par la Sécurité sociale,
– relève d’une prise en charge hors nomenclature,
– nécessite une information claire préalable du patient, notamment sur :
– le coût,
– l’absence de remboursement,
– les alternatives thérapeutiques validées.
Le PRP ne constitue pas un traitement de référence de la maladie de Lapeyronie selon les recommandations actuelles.
Il peut toutefois être envisagé dans des situations soigneusement sélectionnées, après une information complète et loyale du patient, comme option thérapeutique complémentaire.
Je suis conscient que la majorité des patients souhaitent, légitimement, éviter autant que possible une chirurgie de la verge.
Dans ce contexte, le PRP peut représenter une alternative ou une étape intermédiaire, à condition que ses bénéfices attendus et ses limites soient clairement compris.
Questions fréquentes sur le PRP et la maladie de Lapeyronie
-
Chez certains patients, des études ont montré une diminution partielle de l’angle de courbure, parfois de l’ordre de 20 à 30 %.
Les résultats restent variables et le PRP ne permet pas de corriger complètement une déformation établie. -
Dans certaines situations, le PRP peut retarder ou alléger une prise en charge chirurgicale, notamment en réduisant partiellement la courbure.
Il ne remplace cependant pas une chirurgie lorsque celle-ci est clairement indiquée. -
Les injections sont réalisées sous anesthésie locale.
La procédure est généralement bien tolérée, avec des suites simples dans la majorité des cas. -
Le traitement repose le plus souvent sur 4 à 6 séances, espacées d’environ 2 semaines.
Le protocole est adapté individuellement selon la situation clinique. -
Non. Les injections de PRP dans la maladie de Lapeyronie ne sont pas prises en charge par la Sécurité sociale.
Une information claire sur les modalités et le coût est systématiquement donnée avant le traitement. -
À ce jour, le PRP n’est pas recommandé comme traitement standard par les sociétés savantes françaises ou européennes.
Il peut néanmoins être proposé dans des indications sélectionnées, avec une information complète du patient. -
Parce que de nombreux patients souhaitent, légitimement, éviter une chirurgie sur la verge.
Dans ce contexte, le PRP peut représenter une option intermédiaire, à condition que ses bénéfices attendus et ses limites soient clairement expliqués.
Liens vers les autres pages sur la maladie de Lapeyronie: